Les défis du dépistage du cancer du sein
Pour offrir à chaque femme les mêmes chances, cet examen doit être généralisé. Trente-deux départements participent déjà à l'entreprise. ...
BÉNÉFICE MODESTE La dimension exceptionnelle des études doit également tempérer la sévérité des critiques, souligne l'Anaes. De nombreuses femmes invitées au dépistage ne se sont certainement pas rendues à toutes les convocations, tandis que certaines, censées ne pas être surveillées, se sont vu prescrire des mammographies. Loin d'être hermétiques, les deux groupes se sont interpénétrés, avec pour résultat une minoration des effets apparents du dépistage. ...
Un système unique Le programme national de dépistage du cancer du sein repose sur le réseau des cabinets de radiologie privés. "Tous les cabinets remplissant certaines exigences de formation des radiologues et de qualité des appareils seront agréés pour le dépistage organisé, explique le docteur Christophe Debeugny, coordinateur du centre de dépistage départemental de la Seine-Saint-Denis. Pour les radiologues, cela implique de faire au moins 500 mammographies dans l'année." ...
Annie Sasco, médecin épidémiologiste au CIRC "Pas de raison de faire machine arrière" Vous êtes médecin épidémiologiste au centre international de recherche sur le cancer (circ). que pensez-vous du dépistage systématique organisé ? Aujourd'hui, en mai 2002, la mammographie systématique chez les femmes ménopausées, c'est-à-dire, en général, de plus de 50 ans, est justifiée en raison de la fréquence et de la mortalité du cancer du sein. Chez les plus jeunes, c'est discutable, car les seins sont très denses, donc plus difficiles à examiner, et il y a davantage de lésions bénignes. ... Il n'est pas sûr que les bénéfices l'emportent sur les inconvénients. ...
Un moyen d'améliorer la prise en charge des malades L'étude des gènes des tumeurs devrait permettre demain au thérapeute de prescrire des traitements sur mesure Dans un cas sur deux cents environ, le dépistage révèle une image suspecte imposant une biopsie. Auparavant celle-ci était réalisée au cours de l'ablation chirurgicale de la tumeur. "Actuellement, on fait de plus en plus souvent des microbiopsies automatisées, sous anesthésie locale, observe le docteur Daniel Serin, cancérologue à l'Institut Sainte-Catherine (Avignon) et président de la Société française de sénologie. Ces appareils permettent de faire des prélèvements quasiment chirurgicaux guidés par la radio. Ensuite, le chirurgien peut opérer en connaissant la nature de la tumeur et donc le traitement qu'il faut lui appliquer." ....
EFFETS SECONDAIRES La logique serait d'épargner à ces femmes des traitements pénibles et qui peuvent entraîner des effets secondaires sérieux. Mais comment prévoir quelles tumeurs risquent d'avoir déjà essaimé dans l'organisme lors du traitement initial ? La réponse viendra peut-être de l'étude du génome des cellules cancéreuses. En effet, certains cancers semblent programmés génétiquement pour donner des métastases. En analysant l'expression de 25 000 gènes, des chercheurs néerlandais et américains ont identifié un "profil moléculaire" de 70 gènes qui leur a permis de prédire correctement dans 83 % des cas l'évolution de tumeurs sans envahissement ganglionnaire.
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