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Revendications tarifaires : Les médecins et les "Les mots qui ne coûtent pas cher"

mercredi 9 janvier 2002

Le Monde, ce jour... ;)

Malaise des médecins, silence des politiques, par Christian Lehmann • LE MONDE | 09.01.02 | 10h50 | analyse

Le spectacle qu'offre actuellement le pouvoir politique face au mouvement de colère des médecins généralistes est affligeant.

L'aveu le plus édifiant sort de la bouche de Claude Pigement, lui-même médecin et délégué national aux questions de santé au PS : "Nous ne pouvons pas ne pas prendre en compte la tolérance de la société française vis-à-vis de ce mouvement qui exprime clairement le profond malaise des généralistes. Cette prise en otage des patients et des structures d'urgence aurait, il y a quelques années, été très mal perçue par l'opinion. Ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui" (Le Monde du 3 janvier).

Cette phrase vaut son pesant d'or, tant elle met en lumière le souci actuel des politiques de gérer les problèmes de fond auxquels est confrontée la société française à la seule aune de leur retentissement médiatique. Car il n'est pas question ici de savoir si le malaise profond des généralistes est justifié.

Il l'est, cela n'a pas échappé aux hiérarques socialistes, qui espéraient simplement que le système ne menacerait pas d'imploser avant l'élection présidentielle.

Non, pendant de longues semaines de total silence politique après le lancement du mouvement de grève, le pouvoir a joué la montre, le pourrissement, espérant que les généralistes, peu rompus, c'est le moins qu'on puisse dire, à la revendication sociale, s'épuiseraient, et que l'opinion publique les désavouerait. D'où l'utilisation scandaleuse de l'expression "prise d'otages" dans la bouche d'un homme théoriquement censé représenter la gauche.

Si le fait de refuser de travailler plus de 58 heures par semaine s'apparente à une prise d'otages, comment qualifier la réquisition d'un médecin généraliste en milieu rural pendant 6 jours et nuits d'affilée ? Esclavage ? Service du travail obligatoire ? Il est vrai que la législation concernant les réquisitions date du régime de Vichy.

Et s'il s'agit d'une prise d'otages, et non de l'expression d'un profond désarroi devant l'absence totale de prise en compte des difficultés des généralistes au quotidien, comment expliquer le syndrome de Stockholm dont semble atteinte la grande majorité des patients qui, malgré la gêne subie et la crainte ainsi créée, comprennent les raisons du mouvement et soutiennent leur médecin ?

A défaut de pouvoir altérer la confiance que les patients témoignent à leur généraliste, il va bien falloir négocier, quand hier encore cela n'était pas à l'ordre du jour. Et l'on voit chacun, du côté du gouvernement comme du côté des caisses, chercher à noyer le poisson pour éviter d'être désigné comme responsable de la crise actuelle. Au gouvernement, c'est Elisabeth Guigou qui déclare qu'elle a tout fait pour renouer "les liens avec les différentes professions de santé, en prenant notamment en compte le malaise des médecins exerçant dans le secteur libéral".

Les mots ne coûtent pas cher, semble-t-il, mais ce sont des actes qu'attendent les médecins. Du côté des caisses, avec une lucidité inhabituelle, Gilles Johanet, directeur de la Caisse nationale d'assurance-maladie, abandonne un instant ses plans technocratiques de conventionnement sélectif et de recertification de professionnels par nature soupçonnés d'incapacité et de médiocrité, pour asséner : "On aurait pu éviter cette grève si on avait été plus attentifs et s'il y avait eu une réflexion sur le métier de généraliste." Lucidité, ou manière de faire porter le chapeau à son collègue Jean-Marie Spaeth, président de la CNAM, qui, fin décembre 2001, alors qu'une revalorisation tarifaire modeste demandée par le syndicat MG France aurait peut-être encore pu désamorcer la crise, refusait même d'en discuter, avant d'y être contraint aujourd'hui. Au-delà de ces pathétiques péripéties, le conflit actuel révèle l'inquiétant divorce entre les acteurs du social et l'Etat, son incapacité à proposer à ceux-là même qui tentent de sauvegarder le contrat social des perspectives, une écoute, en lieu et place de décisions arbitraires technocratiques dont les conséquences désastreuses en termes de santé publique, tant en ville qu'à l'hôpital, n'ont pas fini de se faire sentir.

Le docteur Christian Lehmann est médecin généraliste et romancier. par Christian Lehmann•

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.01.02


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> Revendications tarifaires : Les médecins et les
23 janvier 2002, par Ebert Pierre
La médecine est malade, OK . Les médecins toussent OK
14 janvier 2002
qui est qui
9 janvier 2002




> Revendications tarifaires : Les médecins et les
23 janvier 2002, par Ebert Pierre   [retour au début des forums]

Article exellent ,Nos politiques ne sont que des Carrieriste qui jouent la montre en vue de la prochaine élection .cette gréve tombe au seul moment ou ils sont accessibles car en danger de n'être pas réelus.Iol faut donc la faire Pierre Ebert

[Répondre à ce message]

La médecine est malade, OK . Les médecins toussent OK
14 janvier 2002   [retour au début des forums]

et, les gars, on s'est vu ? La médecine est malade, OK . Les médecins toussent OK. Et après ?

A partir de là, on dirait les réanimateurs autour du Géneral Franco, ou les chirurgiens sur Lady DI "après" le tunnel.

"Deux euros trois cents de réa des bouseux , trois clamps sur le C revalorisé, xylo sur le dimanche de garde, deux mille volts sur la garde de nuit, deux grammes de potassium IV dans la Sécu . On referme . Mort clinique constatée à oo heures. "

L'ami Lehmann que je vexe à chaque coup (pardon Christian, on est d'accord sur tout, mais on est un peu paranos) est médecin à Poissy et écrivain. Il habite en ville et ne fait pas de gardes. Il nous souhaite, et il est sincère, un chauffeur accompagnateur pour les visites dans les fermes . Il est sympa, moi je lui souhaite le prix Nobel de litterature. Il dit aussi qu'il faudrait revaloriser pour que les jeunes médecins puissent payer leurs charges et avoir "un peu d'oxygène". Dis, Christian, tu ne sais pas que les charges sont proportionnelles au revenu et que les deux euros qu'on va leur filer il va falloir qu'ils les rendent pour payer les chomeurs et leur gaz, et leur billet de train, et les gendarmes etc...

Laurent D. dit que l'on pourrait, comme le dit aussi un autre, coder le C complexe par le diagnostic, ce qui est une bonne idée,la seule pour éviter les abus je ne sais plus qui lui répond que le secret médical est menacé.

Moi, la visite facile à 30 euros avec chauffeur payé par la sécu, je prends. J'arrete meme les C complexes à vingt euros avec cabinet à nettoyer. Mon chauffeur ira au lavomat, c'est la sécu qui paie. Sauf que , si l'on a un chauffeur qui nous accompagne en visite chez une mémée, et qu'il retourne lui piquer ses économies la nuit d'après ? Sacrée menace au secret médical, non ? Non ,on en sort pas de nos idées géniales. Des fois, tous ces premiers de la classe qui lèvent le doigt en meme temps pour dire la bonne réponse, ça me rappelle l'amphi, avec les fayots, les tricheurs, les redoublants et ceux qui avaient eu les sujets avant tout le monde. Moi j'ai eu l'info : on va avoir 19 euros. Parce que Costes a dit 18.5 et qu'on va le remercier ainsi en lui donnant plus que ce qu'il avait demandé et parce que Maffioli avait demandé 20 et aussi parce que Guigou doit justifier sa paye de ministre de gauche qui résiste à un spécialiste de droite.

Le lendemain,Christian continuera à écrire sur la révolution manquée de ses copains de 2002, nous on ramera dans les banlieues à filer du Prozac à tous ceux qui s'emmerdent pendant leur trente cinq heures à salaires bloqués, et on en fera toujours soixante heures plus les gardes de campagne, sauf à implorer qu'on nous envoie des médecins libanais pour faire les dimanches (ils font déjà les nuits dans les cliniques, à moitié prix, ce dont tout le monde se fout, d'ailleurs). Dans le QDM et dans Impact, on nous dira sans avoir eu à payer d'abonnement, "qu'on a gagné", que les médecins sont heureux, entre deux pubs pleine page pour les quinolones à 48 francs de traitement journalier (qu'on peut en redonner à tout le monde,Ben Laden n'envoie plus de farine, ce qui annule le fax de Kouchner du mois dernier : ). C'est la réclame qui paiera pour qu'on nous explique qu'on est content d'avoir gagné sur la sécu qui rembourse les médicaments.

bruno à paraitre : "comment faire taire ma logorrhée créatrice" 2002

[Répondre à ce message]

qui est qui
9 janvier 2002   [retour au début des forums]

le texte de Christian Lehmann est ce qu'il est. Et sans doute Le Monde n'est plus ce qu'il était.

Finalement, un texte assez dans le sens du vent.

Déjà pour prouver que l'on est pas de simples moutons, ce texte et la "raison critique" mériteraient mieux que de simples bêlements sans nuances.

[Répondre à ce message]

    [TR] sens du vent
    10 janvier 2002   [
    retour au début des forums]


    A propos de "sens du vent", il y avait dans le Canard Enchaîné de la semaine dernière un article titré "Chichi ou la politique du doigt mouillé". On y apprenait que Jean-Marc Lech, le président d'IPSOS était devenu indésirable à l'Élysée à la suite de la publication de son livre "Sondages privés" où était décrit la boulimie sondagière du Président. Extrait : "Jacques Chirac dispose là d'un instrument décisif qu'il utilise dans sa conduite comme un radar permanent, d'autant que nous lui fournissons des indications continuelles sur l'état de l'opinion à propos de la sécurité, de la protection sociale, du chômage, du temps de travail, de l'Europe, de la moralisation de la vie politique, du système éducatif, des impôts, des taxes, des déficits, etc...". Ces "révélations" auraient agacé en haut lieu, car elles accréditeraient l'idée que les prises de position de notre Président seraient davantage dictées par le résultat des enquêtes d'opinions que par ses propres convictions politiques.

    Nul doute que cette manière de gouverner dans le sens du vent, comme se gausse l'hebdomadaire satirique, n'est pas exclusive de Jacques Chirac, et dicte la communication de tout responsable politique moderne. Les notions de bien public ou de justice sociale passent après la dictature des sondages. Dans le texte de Christian, on pourrait remplacer "généraliste" par "gendarme" ou "policier". La véritable question est de savoir s'il est électoralement payant de céder à une revendication corporatiste.

    JJF

    [Répondre à ce message]

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