Médecine & Santé
Pontage coronarien : les bêta-bloquants améliorent les résultats
Les patients victimes d'un infarctus du myocarde doivent se vacciner contre la grippe
Un nouvel antibiotique contre les maladies nosocomiales
Des chercheurs identifient un gène de la fertilité féminine
Une nouvelle piste contre le vieillissement
Médecine & Santé Pontage coronarien : les bêta-bloquants améliorent les résultats Administrer des médicaments de la classe des bêta-bloquants avant un pontage coronarien améliore nettement le résultat de l'opération chirurgicale, selon une étude américaine à paraître mercredi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). Les chercheurs préconisent en conséquence l'administration de bêta-bloquants à tous les patients devant subir un pontage, sauf ceux dont le coeur est trop faible pour le supporter.Actuellement, seulement 60% des patients sujets à une telle opération reçoivent des bêta-bloquant avant la chirurgie aux Etats-Unis, selon les auteurs de l'étude.Les bêta-bloquant agissent en réduisant la puissance et la fréquence des battements cardiaques, par le blocage de l'effet stimulant de certaines hormones. Ils sont déjà largement utilisés par les cardiologues pour réduire la tension.
"Dans notre analyse basée sur l'observation, nous avons identifié un effet réduit mais important pour la survie chez les patients ayant reçu des bêta-bloquants avant l'opération", a expliqué le cardiologue Eric Peterson, de Duke University en Caroline du Nord. L'effet positif a été perçu chez tous les patients et particulièrement les cas les plus graves, selon le co-auteur de l'étude. Les plus de 600.000 cas étudiés ont permis de montrer que le taux de mortalité dans les 30 jours suivant l'opération était de 2, 8% chez les patients ayant pris des bêta-bloquants avant l'opération, contre 3, 4% de mortalité chez les patients n'ayant pas pris de médicaments. Aucun effet secondaire néfaste n'a été identifié, sauf pour les patients dont la capacité cardiaque est réduite à 30% de la normale ou moins encore. Environ 570.000 pontages coronariens sont effectués chaque année aux Etats-Unis.
JAMA : http://jama.ama-assn.org/issues/v287n17/abs/joc11850.html
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Les patients victimes d'un infarctus du myocarde doivent se vacciner contre la grippe La vaccination contre la grippe réduit significativement le risque de décès chez les patients victimes d'un infarctus du myocarde (IDM) ou programmés pour une angioplastie coronaire. Ceci est la conclusion d'une étude publiée en avance sur le site de la revue Circulation. Dans cet article, Gurfinkel et al décrivent l'étude de 200 patients victimes d'un IDM et hospitalisés dans les 72 premières heures et de 101 patients programmés pour une angioplastie coronaire. Ces patients ne présentaient pas de syndrome instable et n'avaient pas eu de pontage ou d'angioplastie.Dans ces deux groupes de patients qui suivaient le traitement indiqué pour leur pathologie, certains participants ont reçu un vaccin antigrippal par tirage au sort tandis que les autres formaient un groupe contrôle.Les décès, récidives d'IDM et hospitalisations pour pathologie ischémique ont été suivis sur six mois pendant la saison grippale. Si l'on considère les trois événements suivis (décès, IDM, pathologies ischémiques), ils sont survenus chez 11 % des patients vaccinés versus 23 % des patients du groupe contrôle. Ces résultats montrent que la vaccination contre la grippe permet de diminuer la mortalité et les évènements ischémiques chez les victimes d'un IDM ou chez ceux en convalescence après une angioplastie, concluent les auteurs.
Circulation : http://intl-circ.ahajournals.org/current.shtml
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Un nouvel antibiotique contre les maladies nosocomiales Dans le domaine de la pharmacie, c'est un événement. Un nouvel antibiotique, le linézolide, vient d'être autorisé en France. Cela faisait plus de trente ans qu'aucun nouvel antibiotique n'avait vu le jour. Cette molécule, mise au point par la firme Pharmacia, est, selon la firme, capable de lutter contre les infections attrapées à l'hôpital, de plus en plus résistantes à tous les autres antibiotiques. « C'est une opportunité inespérée pour parvenir à soigner des patients pour lesquels nous n'avions plus beaucoup de moyens », explique le professeur François Raffi, infectiologue à l'hôtel- Dieu de Nantes (Loire-Atlantique). Dans les hôpitaux, les médecins sont en effet de plus en plus confrontés à la résistance des bactéries. Staphylocoques dorés, pneumocoques, entérocoques commencent à faire front à tous les antibiotiques, y compris aux plus forts et aux plus récents d'entre eux, la vancomycine et la téicoplanine. Conséquences : pour éradiquer une infection de peau, une pneumonie ou une bactérie qui s'est nichée dans le sang, les médecins sont obligés de donner des doses massives d'antibiotiques pendant une longue durée. « Avec le linézolide, le taux de guérison est évalué entre 70 et 85 % », poursuit le professeur Raffi, « attention ce n'est pas du tout un médicament à large spectre pour soigner les angines des enfants ou les petites infections ». Autre avantage, ce médicament dans sa forme orale (en comprimés) a la même efficacité que l'antibiotique donné en intraveineuse. « Cela évitera de poser des perfusions pour injecter le médicament. Dans les hôpitaux, on sait très bien que les cathéters sont une voie d'entrée supplémentaire pour les bactéries. » Pour le moment, le médicament ne peut être prescrit qu'à l'hôpital après avis d'un médecin spécialisé dans les infections. Pharmacia, le laboratoire, tout comme les médecins, disent vouloir éviter qu'il soit prescrit à tort et à travers au risque de ne plus être efficace pour les patients qui en ont vraiment besoin. Son prix reste de toute façon un frein à une utilisation massive. Avec 124 euros par jour, le traitement, d'une durée de 28 jours, frôle 3 500 euros par personne (23 000 F), payé intégralement sur les budgets hospitaliers.
Le Parisien : http://jdj.leparisien.com/jdj/Tue/VIE/3029785.htm
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Des chercheurs identifient un gène de la fertilité féminine Des chercheurs américains ont identifié un gène présent dans l'ovule qui pourrait se montrer déterminant dans la fertilité féminine, selon une étude publiée lundi 29 avril à Washington. Les chercheurs du National Institute of Child Health and Human Development (NICHD) estiment que ce gène pourrait également jouer un rôle dans l'arrêt prématuré du fonctionnement ovarien, qui touche certaines femmes à partir de 40 ans, bien avant l'âge de la ménopause. Les travaux du Dr Zhi-Bin Tong et de ses collègues publiés dans le numéro d'avril de la revue Human Reproduction "pourraient déboucher sur une nouvelle compréhension des causes de la stérilité inexpliquée chez la femme", a commenté Duane Alexander, directeur du NICHD, qui fait partie des Instituts nationaux de la Santé (NIH) américains. Lors d'une précédente étude, les mêmes chercheurs avaient identifié chez la souris femelle un gène qu'ils avaient appelé "Mater", aidant à produire une protéine essentielle au développement de l'ovule fécondée. Sans ce gène, l'ovule de souris ne peut survivre au-delà de la première division cellulaire. Dans l'étude la plus récente, les chercheurs ont identifié un gène paraissant être l'équivalent humain du gène "Mater". 67% de son ADN est identique à celui de la souris. "Si le gène humain remplit la même fonction que le gène de la souris, cela pourrait se traduire par une nouvelle approche dans l'étude et le traitement de la stérilité féminine", a expliqué Lawrence Nelson, co-auteur des travaux.
Human Reproduction : http://humrep.oupjournals.org/cgi/content/abstract/17/4/903
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Une nouvelle piste contre le vieillissement « Cette fois-ci, la piste est extrêmement intéressante », estime Serge Hercberg, spécialiste de la nutrition en santé publique à l'Inserm, qui a récemment visité le laboratoire de Bruce Ames à l'université de Berkeley, en Californie. Ce professeur américain est célèbre dans le monde scientifique pour avoir donné son nom à un test essentiel en toxicologie et en cancérologie qui permet d'évaluer le pouvoir mutagène des produits chimiques sur l'ADN. Il a déjà reçu de nombreux prix pour sa carrière, dont la médaille de la ville de Paris en 1998. Le travail qu'il a présenté récemment dans les comptes rendus de l'Académie des sciences américaine (1), s'avère passionnant à plus d'un titre. D'abord, son équipe a testé l'effet d'une combinaison de deux produits, l'acétyl L-carnitine (Alcar) et l'acide lipoïque (LA), en pariant sur leur action complémentaire pour doper sans surchauffe le métabolisme cellulaire. La plupart des expériences ayant permis de prolonger la vie d'organismes revenaient à limiter la production de composés très réactifs parasites liés à l'activité des mitochondries, ces organites qui assurent l'approvisionnement énergétique au sein des cellules (2). Ces attaques chimiques finissent à la longue par endommager tous les constituants des mitochondries et constituent le stress oxydant, tenu actuellement pour responsable du vieillissement progressif des cellules et des organismes.
Alors comment doper les mitochondries sans qu'elles se brûlent à leur propre feu, se sont demandé les chercheurs ? Pour résoudre ce dilemme, ils ont choisi de donner aux rats de fortes doses d'Alcar pour activer l'une des enzymes clés du fonctionnement mitochondrial, la carnitine acétyltransférase, dont il est le substrat, en association avec le LA, un lipide dont le fort pouvoir antioxydant peut limiter les effets nocifs du stress oxydant. L'effet tonique de ces deux produits naturels sur le métabolisme était déjà connu, au point qu'ils sont en vente libre dans certains pays. Mais le pari était que leurs actions se combineraient pour faciliter le fonctionnement mitochondrial. La deuxième originalité du travail de Bruce Ames a été de mesurer les effets du cocktail Alcar+LA chez les rats âgés, tant au niveau enzymatique que mitochondrial ou comportemental. Et à tous ces niveaux les changements produits par ce régime inédit s'avèrent spectaculaires. Chez les rats âgés, deux mois de régime à haute dose de Alcar+LA rendent à leur carnitine acétyltransférase une efficacité proche de celle des rats juvéniles, à leurs mitochondries un nouveau tonus, à leurs marqueurs du vieillissement, tels que les taux hépatiques de vitamine C ou de lipides peroxydés, des valeurs proches de celles des animaux dans leur jeunesse.
De plus, les chercheurs californiens ont pu mesurer chez les rats âgés traités une condition physique exceptionnelle, qui leur permet de parcourir des distances deux fois plus longues chaque journée et d'obtenir des performances près de deux fois meilleures dans le test de psychomotricité de la piscine de Morris. « Cette recherche est très sérieuse et je n'ai pas de doutes sur sa qualité scientifique », précise Serge Hercberg, qui ajoute cependant qu'il faut « se garder d'extrapoler trop rapidement à l'homme, qui a une physiologie différente, et où le dosage mal contrôlé de telles substances peut s'avérer toxique ». Jusqu'à présent, peu d'études épidémiologiques sérieuses ont été consacrées aux moyens de ralentir le vieillissement chez l'homme, car les études d'impact sont longues et coûteuses. « Ce n'est pas vieillir qui est dramatique, mais mal vieillir », souligne encore Serge Hercberg, « aussi nous cherchons plutôt comment prévenir les pathologies associées au vieillissement. Et les composés antioxydants restent de très bons candidats pour cela ». La combinaison Alcar+LA devra être testée par d'autres équipes de chercheurs et dans d'autres modèles animaux. De son côté, Bruce Ames a fondé une société, baptisé Juvénon, et donné ses actions à une fondation à but non lucratif, la Bruce and Giovanna Ames Foundation. Cette société est chargée des essais cliniques chez l'homme, dont les premiers résultats devraient être connus d'ici un an a indiqué Bruce Ames au Figaro, le scientifique continuant ses études chez le rat pour voir maintenant l'effet de sa découverte sur leur longévité.
Figaro : http://www.lefigaro.fr/sciences/20020429.FIG0122.html
PNAS : http://www.pnas.org/
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