QUESTIONS À JEAN-FRANÇOIS MATTEI (par Le Point) Président du groupe DL à l’Assemblée nationale.
« Il y a un clivage droite-gauche dans la façon d’envisager la gestion de la santé. »
Professeur de pédiatrie et de génétique médicale, il fut rapporteur des lois bioéthiques de 1994. Il affirme son soutien aux revendications des médecins.
Le Point : Pourquoi la grève des médecins est elle si populaire ? JEAN-FRANÇOIS MATTEI Les patients s’identifient à leur médecin. Il y a un lien affectif qui joue, plus encore que le souci d’être bien soigné en cas de besoin. D’autre part, les gens constatent que tous les prix augmentent, sauf ceux des consultations. Quand on voit, par exemple, qu’une infirmière gagne 17 francs par acte, c’est dérisoire. Voire humiliant.
Le Point : Les autres professions médicales ont immédiatement embrayé... JEAN-FRANÇOIS MATTEI : C’est parti des généralistes. mais cela couve dans toutes les professions depuis des mois, notamment chez les infirmières. Il y a un véritable malaise.
Le Point : Les revendications de la CSMF de porter le tarif des consultations à 20 euros et celui des visites à 30 euros sont-elles raisonnables ? JEAN-FRANÇOIS MATTEI : Oui, tout à fait. Mais je suis favorable à une nomenclature des différentes consultations. Vingt euros, c’est la base. Ça ne fait que 130 francs. Si vous faites venir un dépanneur d’électroménager chez vous, vous en avez pour 150 francs minimum. On assiste à une paupérisation de l’acte médical. En plus, les professionnels (le santé se sentent déconsidérés. Quand on parle des 35 heures. ils en font 60. Et puis ils se sentent accusés. Au moindre problème, on les traîne devant les tribunaux, ce qu’on a vu avec l’arrêt Perruche.
Le Point : La droite a-t-elle un message particulier sur ce sujet ? JEAN-FRANÇOIS MATTEI : Il y a un clivage gauche-droite dans la façon d’envisager la gestion de la santé. A gauche, on tente d’aller vers plus d’Etat. On a laissé à la CNAM la médecine libérale, mais c’est en fait l’Etat qui tire les ficelles. A droite, en revanche, oui recherche un équilibre entre les pouvoirs publics et la liberté nécessaire à l’exercice de la médecine.
Le Point : Les dépenses de santé ont une nouvelle fois dérapé en 2001. Contrôle-t-on encore quelque chose ? JEAN-FRANÇOIS MATTEI : On ne contrôle plus grand chose. D’abord, nous n’avons pas les outils pour une maîtrise médicalisée des dépenses. Ensuite, faut-il contrôler ce qui relève de la maladie ou tout ce qui est lié à dépendance au _ vieillissement ? A cause du vieillissement, les dépenses de santé augmenteront inéluctablement. A nous de réguler cette croissance.
Propos recueillis par E.G.
Commentaire :
Sur MATTEI :
Une des personnes qui a l'air convenable à Démocratie Libérale. Mattei contraste plutôt avec les quelques "cas" que nous avions évoqué (Madelin, Garello, Salin - voir plus bas...)
L'arrivée de Mattei (DL) et de Raffarin (DL) au gouvernement peut s'interpréter comme un des éléments de l'OPA sur DL . Les députés de DL les plus malins auraient rejoint l'union pour la majorité présidentielle contre la volonté du très encombrant Madelin. Madelin n'a plus qu'à suivre ou disparaître.
Un peu de ménage ne fait pas de mal.
Plus concrètement, Mattei a développé dans l'éthique médicale, des positions plutôt intéressantes. Il sera un ministre attentif aux professions de santé, contrairement à Kouchner qui s'affichait résolument comme un ministre des malades. Reste à savoir qu'elle est la marge de manoeuvre pour un gvnt qui veut avant tout réduire les charges.
rw
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