réflexions d'un ami désabusé du médicament. Amitié qui dure depuis plus de 30 ans
mercredi 31 juillet 2002
(Au sujet des 835 médicaments inutiles décrétés par les technocrates) : Je suis provisoirement anonyme mais cela ne me gêne en rien de me faire connaître, si nécessaire. Je suis conseil en communication pour les laboratoires pharmaceutiques depuis trente ans, et je suis ulcéré par ces classifications.
Pour faire court, voici les idées qui me semblent justes,même si elles sont de moins en moins partagées, mêmes si elles paraissent politiquement incorrectes :
1) Les médicaments dits insuffisants ont eu en leur temps l'agrément des pouvoirs publics qui les ont acceptés (AMM, remboursement...). Alors, où est le changement ?
2) Les médicaments dits insuffisants soignent réellement des maux "réels". Mêmes les veinotoniques tant décriés, soignent réellement. Nombreux sont les malades souffrant d'hémorroïdes pour en témoigner. (Moi, par exemple, admirablement soulagé par le Ginkor)
3) Traiter ces médicaments de placebo est le fait d'ignorants voulant jouer leurs petits Descartes de banlieue soi disant rationnels : la maladie et la guérison comportent une grand part d'irrationnel, et mêmes les authentiques placebos guérissent (presque) autant que les "vrais" médicaments.
4) Enfin, ce n'est pas au malade de guider la prescription de son médecin. A ce train là, la médecine sera de moins en moins efficace car elle sera entre les mains des gouvernants et des journalistes, dont on connaît le manque de compétence en la matière depuis longtemps.
Toute cette histoire est une question politique de gros sous : on fait porter la responsabilité des soi-disants déficits de la sécu aux labos et maintenant aux médecins (et qui voudra être encore médecin demain ?) alors que, jusqu'à preuve du contraire, le déficit provient d'une frange non négligeable de la population (les fonctionnaires et ceux qui ont le temps de se faire soigner) qui se regardent le nombril et consultent à tout instant pour des petits bobos tout en demandant aux médecins de les prendre au sérieux et de leur prescrire de vrais médicaments non appropriés à leurs "maux".
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