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Médecine & Santé au Sénat

dimanche 28 juillet 2002, par Tregouet


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-  Un nouveau médicament anti-sida bientôt disponible dans les pays développés
-  Transplantation osseuse : une technique qui évite les rejets
-  Des cellules nasales contre la paralysie
-  Mieux armé contre les infections
-  Création in vitro d'un virus de synthèse de la polio
-  La Norvège espace non-fumeurs -Un régime riche en anti-oxydants améliore la fonction intellectuelle -Une toxine marine plus puissante que la morphine

Un nouveau médicament anti-sida bientôt disponible dans les pays développés Un nouveau médicament anti-sida, le T20, devrait être disponible en Europe et en Amérique du Nord dans les mois à venir, ont indiqué les responsables des laboratoires Trimeris et Roche, qui vont le commercialier au premier jour de la quatorzième conférence internationale sur le sida. Ce médicament, un "inhibiteur de la fusion" est le premier à fonctionner en empêchant le virus du sida de pénétrer dans les celllules de l'organisme. Tous les autres médicaments actuellement disponibles agissent, au contraire, contre le virus quand il est déjà présent dans les cellules du système immunitaire (CD4). Le T20 présenté par les porte-parole des laboratoires comme un "miracle" a été comparé au meilleur traitement combiné disponible. "Il a fait baisser la charge virale (la quantité de virus présente dans le sang) au dessous des niveaux de détection chez deux fois plus de patients que le traitement de comparaison", a indiqué le professeur Bonaventura Clotet, responsable de la section Sida à l'hôpital Germans Trias i Pujol à Barcelone. "Nous avons été très surpris et très heureux des résultats", a-t-il ajouté. Le T20, qui a été essayé sur les patients déja lourdement traités, et qui sont devenus résistants aux traitements disponibles, est considéré par les experts comme le médicament le plus complexe produit par l'industrie pharmaceutique. Ce médicament, qui se prend par injection sous-cutanée, a été testé sur plus de 1.000 patients, dans 2 essais, en Amérique du Nord et au Brésil, ainsi qu'en Europe et en Australie.

AFP : http://fr.news.yahoo.com/020708/202/2o1sy.html

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Transplantation osseuse : une technique qui évite les rejets Un procédé qui permet d'éviter les rejets suite à une transplantation de moelle osseuse vient d'être conçu par le docteur Denis-Claude Roy, hématologue à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et chercheur chez Celmed Biosciences, une entreprise montréalaise axée sur la thérapie cellulaire. Ce dernier a publie un article le 15 juillet dans la revue Blood de l'american Society of Hematology. Lorsqu'une personne reçoit une greffe de moelle osseuse, son organisme s'expose à la réaction, que les scientifiques appellent, du greffon contre l'hôte. Celle-ci est liée à l'effet de certaines cellules immunitaires contenues dans le greffon, les lymphocytes T, qui détruisent les différents tissus de l'hôte. Ce phénomène se produit en dépit de la prise de médicaments immunosuppresseurs sensés l'endiguer. Le docteur Roy a développé un traitement photodynamique, baptisé Theralux et qui permet d'éliminer ces lymphocytes T du greffon. Il a testé cette technique sur des cellules humaines isolées en laboratoire. Avec succès.

Une fois que les cellules souches de la moelle osseuse à greffer ont été prélevées chez le donneur, elles sont mises en présence du tissu provenant du receveur. Les chercheurs ajoutent ensuite un colorant qui se fixe sur les lymphocytes T activés, qui ont reconnu les cellules hôtes et s'apprêtent à les détruire. Puis ils exposent le tout à la lumière, qui transforme le colorant en substance toxique pour les cellules qui l'ont absorbé. Ce procédé permet d'éradiquer les lymphocytes T impliqués dans la réaction du greffon contre l'hôte, tout en épargnant ceux qui continuent à assurer la défense de l'organisme contre les virus. « Cette thérapie se révèle comme étant la percée la plus importante pour la prévention et le traitement des réactions du greffon contre l'hôte », a affirmé le docteur Roy. « Elle présente un énorme potentiel pour bon nombre de maladies ou désordres auto ou allo-immuns », a-t-il ajouté.

Blood : http://www.bloodjournal.org/current.shtml

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Des cellules nasales contre la paralysie Des cellules extraites du nez d'un patient pourraient un jour servir à réparer les dégâts de sa paralysie, selon des travaux australiens dont la revue de vulgarisation britannique New Scientist se fait l'écho dans son édition du 13 juillet. C'est du moins l'espoir soulevé par des chercheurs en neurologie d'Australie qui ont annoncé cette semaine avoir commencé à tester ce traitement sur des patients, après des expérimentations conduites avec succès sur des rats, indique le magazine. L'équipe d'Alan Mackay-Sim, de l'université Griffith à Brisdane, a recruté pour cet essai trois patients paralysés des jambes depuis six mois à trois ans, et prévoit d'en inclure cinq autres. La moitié d'entre eux recevront une injection de cellules nasales dans la colonne vertébrale, au niveau de la moelle épinière. Il s'agit de cellules nerveuses olfactives. Mais contrairement à la plupart des cellules nerveuses, elles continuent à se régénérer tout au long de la vie, propriété probablement liée au fait qu'elles peuvent être détruites par les infections. Seuls quelques microns (quelques millionième de mètre) de mucus séparent ces terminaisons nerveuses de l'air ambiant, relève Mackay-Sim. Selon les chercheurs, les cellule greffées vont servir de pont pour permettre aux nerfs de la moelle épinière de repousser à travers la zone endommagée. Diverses équipes ont travaillé sur cette piste chez les rongeurs et ont même obtenu que des rats retrouvent le contrôle de leurs pattes paralysées. L'opération nécessite de disposer d'un grand nombre de cellules pour la greffe. Obstacle que l'équipe australienne a franchi en mettant en culture, dans leur laboratoire, les cellules nasales prélevées sous anesthésie locale. Chaque patient participant à l'essai fera l'objet d'une batterie de tests afin de vérifier s'il y a une amélioration de leur état. "S'ils retrouvent certaines sensations au niveau des jambes et du siège, cela sera extrême utile pour prévenir les complications de l'alitement. Une amélioration du fonctionnement de la vessie et des intestins ainsi que de la fonction sexuelle représenterait un pas de plus", indique à New Scientist un membre de l'équipe, Tim Geraghty, directeur de l'unité des blessés de la moelle de l'hôpital Princesse Alexandra à Brisbane.

New Scientist : http://www.newscientist.com/news/news.jsp ?id=ns99992524

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Mieux armé contre les infections La médecine moderne dispose actuellement d'antibiotiques qui permettent de guérir presque toutes les infections. Mais la résistance des bactéries rend ces maladies infectieuses de plus en plus difficiles, voire impossibles, à soigner. L'homme est-il en passe de perdre la guerre contre les microbes ? Peut-être pas. Car la manière dont les microbes s'introduisent dans nos cellules et provoquent des maladies est désormais connue. C'est ce qu'annonce le professeur au département de pathologie et de biologie cellulaire de l'Université de Montréal, Michel Desjardins, dans un article publié le 12 juillet dans la revue Cell.

Le scientifique a étudié le phénomène de phagocytose, mécanisme cellulaire dont sont dotés les mammifères pour lutter contre les agressions microbiennes. Il a constaté que la manière dont les macrophages (cellules du système immunitaire qui détruisent les agents pathogènes) combattaient les bactéries n'était pas celle qu'on croyait.

Un microbe qui entre dans une cellule est emprisonné dans un compartiment isolé, appelé phagosome. En étudiant les protéines qui composent le phagosome, Michel Desjardins a découvert qu'elles provenaient du réticulum endoplasmique, une membrane à l'intérieur de la cellule. Ce qui indique que les cellules du système immunitaire utilisent le réticulum endoplasmique lors de leur guerre aux microbes. Celui-ci analyse la bactérie afin de savoir quel type d'anticorps envoyer pour la combattre. Puis le micro-organisme est dirigé vers le lysosome, une autre membrane cellulaire qui renferme de nombreuses enzymes, qui le détruit alors.

Cependant certains pathogènes profitent de leur passage dans le réticulum endoplasmique pour inhiber les défenses des macrophages. Ils arrêtent ainsi le processus de destruction. Michel Desjardins espère mettre au point des médicaments capables d'éliminer l'étape impliquant le réticulum endoplasmique. Une autre possibilité serait de favoriser la capture des microbes par les neutrophiles, d'autres cellules du système immunitaire plus efficaces, qui tuent les microbes plus rapidement parce qu'elles les dirigent directement vers le lysosome, sans passer par le réticulum endoplasmique.

Cybersciences : http://www.cybersciences.com/Cyber/3.0/N2860.asp

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Création in vitro d'un virus de synthèse de la polio La création in vitro d'un virus de synthèse de la poliomyélite par des chercheurs aux Etats-Unis, annoncée vendredi dans une revue scientifique, a été accueillie à Genève par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une étape importante de la recherche. "C'est une étape extrêmement importante et un temps fort de la recherche, puisque c'est la première fois qu'un virus viable, dans ce cas celui de la polio, a pu être développé en dehors d'une cellule vivante", a déclaré Bruce Aylward, coordinateur du programme de l'OMS en vue de l'éradication du virus de la polio, au cours d'un point presse. Dans la revue Science, le groupe de chercheurs, dirigé par Eckard Wimmer, à l'origine de cette première, a notamment souligné que la possibilité de créer un virus de synthèse était un facteur important supplémentaire pour envisager de nouvelles stratégies dans la campagne pour l'éradication de la polio.

Toutefois, selon M. Aylward, cette découverte ne devrait pas avoir de conséquences majeures sur le programme de l'OMS."Au fond, cela ne change ni l'évaluation des risques, ni les stratégies pour y faire face", a-t-il commenté. Les chercheurs de l'Etat de New York ont mis en garde contre l'utilisation possible d'un tel virus de synthèse comme arme bactériologique si la vaccination en masse s'interrompait et si l'immunité à la maladie était perdue."Il y a un long chemin à parcourir entre la création in vitro d'un virus et sa dissémination, intentionnellement ou non, dans la population", a estimé pour sa part Bruce Aylward.Soulignant que le virus de la polio était un virus relativement simple, il a estimé que la réalisation in vitro de celui de la variole, nettement plus sophistiqué, ne serait pas faisable en l'état actuel de la technologie."C'est comme si l'on disait : voilà, nous avons créé la roue, demain nous créerons la voiture ou même quelque chose de plus complexe comme le Concorde", a-t-il expliqué.

OMS : http://www.who.int/home-page/index.fr.shtml

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La Norvège espace non-fumeurs Le gouvernement norvégien est sur le point d'interdire totalement de fumer dans les bars et dans les restaurants du pays. Une première en Europe ! Un projet de loi défendu par le ministre de la santé, Dagfinn Hoeybraaten, est actuellement à l'étude. Et il pourrait être adopté par le Parlement dès cet automne. Le texte en question va donc plus loin que notre Loi Evin qui a instauré des espaces fumeurs dans les bars et les restaurants où, du moins en théorie, l'interdiction de fumer est la norme... D'après la revue Tabac Actualités, un Norvégien sur trois est fumeur. C'est moins qu'en France - 4 fumeurs pour 10 Français - mais c'est encore beaucoup. Or malgré cela, une large majorité de la population soutient le projet de loi gouvernemental. En première ligne figurent bien légitimement les employés des bars et des restaurants, premières victimes du tabagisme passif de leurs clients... Si le texte était entériné, la Norvège deviendrait ainsi le premier pays européen à adopter une interdiction de cette ampleur. A l'image de quelques Etats nord-américains ou australiens. La réponse ne devrait plus tarder...

Destination santé : http://www.destinationsante.com/

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Un régime riche en anti-oxydants améliore la fonction intellectuelle Deux recherches publiées dans la revue Journal of Neuroscience montrent qu'un régime à base de fruits et légumes riches en composés anti-oxydants améliore d'une part les fonctions cognitives de rats et d'autre part ralentit le vieillissement cérébral de ces derniers en permettant de rendre réversible l'accumulation de certaines substances délétères pour le cerveau. Paula Bickford, du University of South Florida Center for Aging and Brain Repair (Tampa, Floride, EU) et auteur principal des deux études, se montre très enthousiaste sur ses découvertes en déclarant : « Si ces données précliniques se transposent à l'homme, alors un régime à base de fruits et de légumes riches en anti-oxydants devrait nous aider à rendre réversible le déclin cognitive lié à l'âge ».Les chercheurs suggèrent que ces observations sont directement liées à la présence élevée d'anti-oxydants dans les épinards responsables de la capture des radicaux libres à l'origine de dommages cérébraux et s'accumulant avec le temps. Les chercheurs ont démontré qu'un régime riche en fruit et légumes donné pendant deux semaines à des rats âgés, et plus particulièrement un taux élevé d'anti-oxydants, était associé à une réversibilité de l'accumulation de composés pro-inflammatoires dans le tissu cérébral âgé.

Journal of Neuroscience : http://www.jneurosci.org/current.shtml

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Une toxine marine plus puissante que la morphine Une toxine, issue d'un cône tueur, sorte d'escargot marin venimeux, aurait une activité analgésique plus puissante que celle de la morphine et permettrait un meilleur rétablissement des nerfs endommagés, d'après des chercheurs australiens. Jusqu'à présent les scientifiques n'avaient extrait de cet animal que des produits toxiques. Le Dr Zeinab Khalid, directrice adjoint du National Ageing Research Institute de Melbourne, estime que le nouveau composé, connu sous le nom de ACV1, n'affecte pas la santé. Le Dr Zeinab et ses collègues ont isolé la toxine et l'ont immédiatement brevetée. Pendant huit semaines, les chercheurs ont étudié le composé ACV1 sur des rats. Dans un premier temps, ils ont induit des lésions sur les nerfs des rongeurs. Ensuite la moitié du groupe a bénéficié d'un traitement à base de ACV1 pendant une semaine, tandis que l'autre moitié prenait un traitement placebo. Chez le premier groupe, ils ont observé une restauration supérieure à 83% de l'activité neuronale contre 47% pour l'autre groupe. Après douze semaines, aucun effet secondaire n'a été identifié chez les rats. Les chercheurs espèrent commencer les essais cliniques sur l'homme dans les plus brefs délais. C'est la première fois que l'on découvre un analgésique, capable de réparer les nerfs, selon le Dr Zeinab. Il est donc très important d'étudier de façon plus approfondi cette toxine. Elle estime que ce composé est 1000 fois plus efficace que la morphine. Elle devrait présenter ces recherches au cours du congrès international de la société de Toxicologie qui a lieu cette semaine à Cairns en Australie.

National Ageing Research Institute : http://www.mednwh.unimelb.edu.au/index.htm

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Tregouet



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