Médecine & Santé
Artérite : un médicament pour faire "pousser des vaisseaux" ?
Un antibiotique nasal réduit de moitié les infections à l'hôpital
AVC : un coût financier et humain considérable
Santé : les épidémies de demain seront des maladies de civilisation
Dépenses de santé : les Américains en tête, les Espagnols en queue
Cancer prostatique : un test pronostique
Diabète : une épidémie mondiale en perspective
Artérite : un médicament pour faire "pousser des vaisseaux" ? Voilà un bel espoir pour les patients atteints d'artérite, ce que les spécialistes appellent aussi l'athérosclérose des membres inférieurs ! Une équipe américaine vient en effet de mettre en évidence les bénéfices d'un traitement susceptible d'améliorer leur mobilité tout en réduisant leurs douleurs. Le Dr Brian Annex, cardiologue au Duke University Medical Center aux Etats-Unis, a suivi 190 patients qui souffraient de claudication intermittente. Cet engourdissement douloureux d'un membre inférieur - ou des deux - qui provoque une raideur entraîne une boiterie douloureuse. Si douloureuse qu'elle réduit le périmètre de marche et l'autonomie des malades. Ces troubles sont généralement liés à une oblitération plus ou moins prononcée des artères. Soit par des plaques d'athérome - du cholestérol déposé sur les parois - soit par des caillots sanguins... ou les deux associés. D'après Brian Annex, l'administration d'un traitement qui stimule la croissance des vaisseaux sanguins pourrait non seulement augmenter les capacités fonctionnelles des patients mais également diminuer leurs douleurs. Au cours d'une étude menée dans des conditions très rigoureuses d'objectivité, il a en effet constaté que les sujets traités par ce procédé dit " d'angiogénèse voyaient leur périmètre de marche nettement augmenté, par rapport à des malades sous placebo. L'équipe d'Annex n'entend pas en rester là. De nouvelles recherches sont ainsi prévues, sur une plus large cohorte de patients et sur une plus longue durée. Elles confirmeront peut-être ces résultats prometteurs.
The Lancet du : http://www.thelancet.com/journal/current
Retour au sommaire
Un antibiotique nasal réduit de moitié les infections à l'hôpital Un antibiotique nasal permet de réduire de moitié au moins les infections dues au staphylocoque doré contractées par les patients pendant leur séjour à l'hôpital, selon une étude américaine publiée le 13 juin dans la revue The New England Journal of Medicine. Le médicament (mupirocin) divise au moins par deux les taux d'infection par ce germe très commun chez les patients hospitalisés, selon les chercheurs de l'Université de l'Iowa (centre-nord) et de Johns Hopkins qui ont réalisé l'étude. "Nos résultats ont des implications énormes pour la réduction des blessures chirurgicales à staphylocoque doré et autres infections à l'hôpital, et pour prévenir les maladies et sauver des vies", a commenté le Dr Trish Perl, principal auteur de l'article et professeur de médecine à la Johns Hopkins University de Baltimore (Maryland, est). Les chercheurs ont déterminé le taux d'infections par ce germe lors de blessures chirurgicales et autres infections chez 4.030 patients adultes ayant fait l'objet d'actes chirurgicaux dans les hôpitaux de l'Université de l'Iowa et du centre médical du Veteran's Affairs à Iowa City. Parmi les quelque 900 patients de l'étude qui étaient porteurs du germe dans le nez, le taux d'infection par blessure opératoire a été de 4% pour ceux qui ont reçu l'antibiotique et de 7, 7% pour ceux qui ont reçu un placebo. Néanmoins, l'auteur et ses collègues mettent en garde contre l'utilisation trop large de ce médicament produit par les laboratoire GlaxoSmithKline, qui conduirait au développement d'une résistance du germe à cet antibiotique qui s'applique dans la paroi nasale. "Il ne faut pas baigner l'hôpital de mupirocin. Il nous revient, comme médecins, de réserver ce médicament aux patients à haut risque", a souligné le Dr Perl, dont les travaux ont été financés par GlaxoSmithKline.
NEJM : http://content.nejm.org/cgi/content/abstract/346/24/1871
Retour au sommaire
AVC : un coût financier et humain considérable Plus de 1, 3 milliards d'Euros, 7 % du budget de la santé ! Voilà le coût des accidents vasculaires cérébraux (AVC), la 3ème cause de décès en France. Sans compter le poids des soins ambulatoires et de rééducation requis après la survenue d'un AVC. Et 40 % de ces sommes sont consacrés à l'hospitalisation aiguë. Au-delà de ces chiffres, les AVC laissent des handicaps profonds : 75 % des survivants ont en effet des séquelles définitives. Or en 1999, il y avait en France 219 945 personnes qui rapportaient un handicap du à un AVC. Certes dans la majorité des cas - 50, 3 % - ce handicap n'empêche pas une vie autonome. Mais plus de 26% des patients ont besoin d'aide pour les tâches de la vie courante, et 9% ne peuvent même plus sortir de chez eux. Sans oublier qu'ils sont plus de 14% à rester confinés, au lit ou au fauteuil.
En 1999, il y a eu en France 148 326 admissions pour un AVC, qui ont entraîné 1, 66 millions de journées d'hospitalisation. Le taux moyen de récidive - 25 % - augmente encore cet extraordinaire gâchis. Or il est tout à fait possible de le prévenir. Par de bonnes règles hygiénodiététiques mais aussi, comme vient de le démontrer l'étude LIFE - Losartan Intervention for Endpoint - par une lutte efficace contre l'hypertension artérielle. Ce travail mené sur plus de 9 000 malades, dans 7 pays et pendant 5 ans, vient en effet de prouver qu'il est possible de progresser encore dans ce domaine : en réduisant de 25%, par rapport au bétabloquant de référence, le nombre d'AVC chez les malades traités par ce protocole.
Lancet : http://www.thelancet.com/journal/current
Retour au sommaire
Santé : les épidemies de demain seront des maladies de civilisation Ce n'est pas sur le front des maladies infectieuses que se livreront les grandes batailles sanitaires à venir. Mais bien sur celui des maladies non-transmissibles : maladies cardio-vasculaires, cancers, diabète et autres affections respiratoires chroniques. L'OMS en est si convaincue qu'à l'issue de sa 55ième assemblée mondiale, elle a demandé un engagement résolu dans une stratégie globale de lutte contre ce qu'elle annonce comme fléau montant. L'incapacité attribuables aux principales maladies non transmissibles sont actuellement responsables d'environ 60 % de l'ensemble des décès et de 43 % de la charge de morbidité dans le monde et devraient, selon les prévisions, compter pour 73 % de l'ensemble des décès et 60 % de la charge mondiale de morbidité d'ici 2020.
La Cinquante-Cinquième Assemblée mondiale de la Santé, Ayant examiné le rapport sur l'alimentation, l'exercice physique et la santé rappelle ce constat implacable : plus de la moitié des maladies cardio-vasculaires et un cancer sur trois pourraient être évités. Les facteurs de risque, et particulièrement le tabagisme, un régime alimentaire déséquilibré, le manque d'exercice physique et l'abus d'alcool sont trop souvent en cause. Ils peuvent être infléchis mais encore faudrait-il pour cela, des politiques concertées et une action déterminée.
OMS : http://www.who.int/inf/en/note2002-wha55-01.html
Retour au sommaire
Dépenses de santé : les Américains en tête, les Espagnols en queue Les Américains dépensent le plus dans le domaine de la santé, laissant les Espagnols fermer la marche des pays développés, selon une comparaison internationale des dépenses de santé. Cette étude des services statistiques du ministère des Affaires sociales analyse les évolutions des dépenses de santé de 1970 à la fin des années 90 dans sept pays : Allemagne, Espagne, Etats-Unis, France, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni. Ainsi à la fin des années 90, les Etats-Unis consacraient 3.500 dollars par habitant et par an, alors qu'en Espagne les dépenses n'atteignaient qu'un peu plus de 1.000 USD par an, 1.300 USD en Italie et au Royaume-Uni et 2.000 USD en Allemagne, aux Pays-Bas et en France. Pour autant ce classement résulte d'une "modification significative de la hiérarchie des pays sur l'ensemble de la période, ces pays ayant connu par ailleurs des évolutions très différentes", soulignent les auteurs de l'étude. En 1970, les dépenses des Pays-Bas étaient proches de celles des Etats-Unis, tandis que la France dépensait comme le Royaume-Uni et l'Italie. En 1996, la France était devenue, en termes de dépenses par habitant, le troisième pays dépensier derrière les Etats-Unis et l'Allemagne, tandis que les Pays-Bas ont connu une augmentation de leurs dépenses particulièrement faible au cours des années 70, qui les place aujourd'hui en 4e place derrière les Etats-Unis (1er), l'Allemagne (2e) et la France (3e).
AFP : http://www.larecherche.fr/afp/n.cbjmjyqe.html
Retour au sommaire
Cancer prostatique : un test pronostique Une équipe américaine a mis au point un test capable de prédire le niveau " d'agressivité ", en quelque sorte, d'un cancer de la prostate. Dans la revue Cancer, les auteurs présentent leur approche comme une amélioration significative de l'échelle de Gleason, seule technique jusqu'ici disponible pour déterminer le potentiel de développement de ce type de tumeur. Une technique qui " pêche " malgré tout sur un point majeur : l'incapacité à déterminer précisément la rapidité prévisible de la croissance tumorale. A Minneapolis, le Dr Akhouri Sinha et ses collègues du University of Minnesota Cancer Center, ont donc développé un test très simple et efficace. Lequel permettrait de distinguer " un cancer de la prostate agressif d'un autre qui le serait moins ". D'après les auteurs, " ce test effectué à partir d'une tumeur diagnostiquée récemment donne une indication précise sur la gravité de la maladie. Il permet donc d'adopter au plus tôt le traitement le plus approprié. Une approche qui pourrait également être utilisée pour les cancers du sein ou du colon ".
Cancer : http://www3.interscience.wiley.com/cgi-bin/abstract/94517449/START
Retour au sommaire
Diabète : une épidémie mondiale en perspective A l'échelle mondiale, le nombre de diabétiques devrait augmenter de... 130% dans les 25 prochaines années ! En 2025, la prévalence du diabète chez l'adulte devrait ainsi s'élever à 5, 4% de la population totale : plus d'une personne sur 20 ! Ces chiffres ressortent de la dernière livraison du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), du ministère français de l'emploi et de la solidarité, entièrement consacré au diabète. Et plus particulièrement au diabète de type 2, autrefois qualifié de " non insulino-dépendant, et qui représente 90% de l'ensemble des diabètes sucrés ! Aux Etats-Unis, la prévalence de la maladie a augmenté de 49% au cours de ces onze dernières années ! De la même manière, un Australien de plus de 25 ans sur quatre est diabétique ou susceptible de développer la maladie dans les 10 ans. Pour Paul Zimmet, responsable de l'Institut international du Diabète, à Melbourne, " le diabète devrait même devenir la plus grande épidémie jamais répandue dans le monde... La France ? Elle n'est bien sûr pas épargnée. Même si les chiffres sont pour l'heure moins impressionnants qu'aux Etats-Unis ou en Australie. La prévalence du diabète s'élève à 3, 06% contre 7, 3% outre-Atlantique. Mais attention, tout laisse à penser que notre pays suit la même trajectoire que les Etats-Unis et l'Australie. Avec juste un temps de retard...
Destination santé : http://www.destinationsante.com/
Répondre à cet article