Abstention piège à con : Abstention, piège à... ! Ce débat, ce fameux débat d'entre deux tours - on ne parle pas ici de télévision et du rite du duel-pugilat heureusement esquivé -, toute la France l'a désormais. Partout l'on parle. Partout l'on cherche à comprendre. A mieux comprendre. A se comprendre.
(.../...)
A toutes choses, désastre est bon. La leçon fut et reste cruelle. Cinglante, effrayante même comme un cauchemar éveillé. Il se peut, incurable et nécessaire optimisme, qu'elle soit profitable. Et qu'enfin, après avoir trop pris la politique pour un spectacle dérisoire et la démocratie pour un jeu de rôle biseauté et vain, beaucoup se décident à s'engager, à œuvrer, à défendre mieux leurs idées et leurs libertés.
Abstention, piège à ... ! Voilà bien pourquoi, dans le tumulte des esprits et des regrets, des inquiétudes et des prises de conscience, l'urgence commande moins de descendre dans les rues que de filer dans l'isoloir, le 5 mai, mettre la vilenie à l'isolement ! http://www.lemonde.fr/
Le vote Chirac gagne des adeptes Les manifestations ont continué mercredi en France • Au terme d'une journée de ralliements, le Président a tenu un discours ferme contre l'extrême droite. http://www.liberation.fr/
Le vote Chirac. Tout au long de la journée, le vote Chirac pour contrer l'extrême droite a reçu de nouveaux soutiens. Arnaud Montebourg donnera sa voix à celui qu'il voulait traduire devant la Haute Cour de justice, mais, confie le député PS au Monde, il soutiendra l'actuel président « comme la corde soutient le pendu ». Pour Robert Badinter, ancien président du Conseil constitutionnel, le 5 mai sera « un véritable référendum pour ou contre Le Pen ». La formule fait florès : Laurent Fabius l'a également employée sur RTL. L'ancien Premier ministre votera Chirac « avec beaucoup d'états d'âme », mais il faut « utiliser le bulletin de vote pour réduire l'extrême droite et Le Pen au plus petit score possible ». Des appels à voter Chirac ont été lancés par Act Up Paris, qui s'y résout « la mort dans l'âme », mais en rappelant que Le Pen prône « l'élimination des malades du sida de la société française » ; par le Canard enchaîné, pour qui « l'urgence est de parvenir à écarter le péril Le Pen », et qui titre : « Pas de détail contre Le Pen. Bottez utile ! » ; par la Société des gens de lettres (voir encart page 14) et par la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Max Gallo, président du Pôle républicain, voit dans le vote Chirac « une nécessité et un devoir », et prévient : « Ceux qui font un autre choix s'excluent d'eux-mêmes du Pôle républicain. » Premier viré : Paul-Marie Coûteaux (ex-RPF), qui, mardi, avait exprimé son désaccord.
Télévision : Une incroyable assurance -
C'était peut-être la première fois qu'il disposait d'autant de temps, à une heure de grande écoute, pour exposer son programme. Jean-Marie Le Pen était, mardi soir, l'invité d'Olivier Mazerolle et de Gérard Leclerc, sur France 2. Personne ne pourra reprocher au chef du Front national d'avoir été vague. Encore moins de manquer de confiance en soi. Il ne dit pas, comme Lionel Jospin, "si j'étais élu président", mais "dès que je serai élu président". Les électeurs qui voteront pour lui au second tour ne pourront, en aucun cas, se plaindre après coup qu'il y a eu tromperie sur la marchandise.
(.../...)
Tout cela dit tranquillement, avec une incroyable assurance. Les rappels de ses déclarations scandaleuses de jadis sont balayés d'un revers de la main. Même le général de Gaulle, qu'il a toujours combattu, est appelé à la rescousse. "Je suis dans la vie politique française depuis quarante-six ans. Croyez-vous, comme disait de Gaulle, que c'est à mon âge que je vais devenir dictateur ?" Les cortèges de lycéens et d'étudiants qui le conspuent deviennent, dans sa bouche, "de toutes petites minorités". Ils feraient mieux de rester en classe à étudier "le français et l'arithmétique"plutôt que de défiler dans les rues. L'aisance de Le Pen est phénoménale. Il va "mener son combat jusqu'au bout, et avec la volonté de gagner". Au moins, on sait ce qui se passerait dans les cent premiers jours de sa présidence. C'est très simple : c'est une recette pour la guerre civile.
dominique dhombres http://www.lemonde.fr/
Hitler, Le Pen, Mégret : leur programme de Raymond Castells L'éditeur Raymond Castells publie au lendemain des élections régionales une comparaison systématique du programme présenté par Adolf Hitler en Allemagne en 1920 et celui qui figure dans les documents officiels du Front National dirigé par Jean-Marie Le Pen. Cet opuscule de 96 pages s'appuie sur les 25 articles du programme du Parti National Socialiste qu'Adolf Hitler avait présenté, debout sur une table de la salle des fêtes de la Hofbrau de Munich le 24 février 1920. En regard de chacun des articles du programme hitlérien, l'éditeur présente les articles correspondants du programme du FN tirés des 300 mesures pour la Renaissance de la France - programme de gouvernement du FN publié début 1993 et toujours en vigueur -, ainsi que des 50 mesures concrètes du FN pour régler le problème de l'immigration présentées le 16 novembre 1991 par Bruno Mégret. On relève "suffisamment de similitudes" entre le programme de Hitler et celui du Front national pour "être atterré par l'ampleur de la progression du FN dans les urnes, et scandalisé par la compromission d'élus de droite qui ont vendu leur âme pour quelques voix frontistes", note Raymond Castells. (1998) http://www.republique-des-lettres.com
Répondre à cet article