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Lettre #149 du 2 au 8 Juin 2001

vendredi 8 juin 2001, par Tregouet


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Des cellules musculaires pour réparer le coeur Découverte d'une possible cible contre la maladie d'Alzheimer Vaccin contre la maladie d'Alzheimer : premiers essais en France en septembre Des antagonistes du glutamate peuvent bloquer la prolifération cancéreuse Un polymère bactéricide Le cartilage enfin réparé La cocaïne néfaste dès la première prise

Des cellules musculaires pour réparer le coeur Des chercheurs ont utilisé des cellules de muscles du bras pour réparer un cœur abîmé par plusieurs accidents cardiaques. Plusieurs méthodes sont à l’étude pour régénérer les muscles cardiaques afin d’éviter la transplantation. A Los Angeles, une équipe de l’université de Californie (UCLA) a prélevé des cellules de muscle squelettique dans le bras d’un patient âgé de 62 ans. Il avait souffert de deux crises cardiaques et avait subi une angioplastie. Les chercheurs ont cultivé ces cellules pendant une dizaine de jours avant de les transplanter dans le cœur du patient lors du pontage coronarien. Cette opération a eu lieu il y a trois semaines. La technique s’est avérée efficace sur les animaux et a pour l’instant été menée sur trois patients. Les chercheurs espèrent obtenir une amélioration du fonctionnement du cœur sur le long terme qui éviterait à ce patient de 62 ans, comme à d’autres, de subir une transplantation cardiaque. L’année dernière, une équipe française de six médecins a réussi une greffe de cellules de muscles dans le cœur d’un patient âgé souffrant d’une sévère défaillance cardiaque. Les cellules avaient été prélevées sur le patient lui-même. Plusieurs mois après l’opération, les examens montrent que la greffe a fonctionné. Le cœur se contracte mieux qu’avant et les médecins n’ont pas constaté d’effets indésirables. L’utilisation de ces cellules de muscles évitent d’avoir recours aux cellules souches d’embryons, dont l’utilisation pose de sérieux problèmes éthiques. brève @RTflash

UCLA du  : http://www.ucla.edu/Templates/NewsItem1.html

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Découverte d'une possible cible contre la maladie d'Alzheimer Des chercheurs japonais ont identifié un enzyme qui semble jouer un rôle-clé dans la destruction des plaques graisseuses dont l'accumulation est à l'origine de la maladie d'Alzheimer, selon un article à paraître vendredi dans la revue Science. Cet enzyme baptisé néprilysine fait partie d'une classe d'enzymes qui régulent l'activité de ces plaques formées de protéine béta-amyéloïde. Certains de ces enzymes, les secrétases, favorisent leur formation, tandis que d'autres commandent leur destruction, comme celui découvert par une équipe de neurologues de l'Institut Riken pour la science cérébrale. Jusqu'à présent, les recherches se sont concentrées sur la mise au point de substances capables de bloquer l'action de ces secrétases mais les chercheurs japonais, eux, ont concentré leurs efforts sur l'identification d'un enzyme destructeur de ces plaques. Ils ont ainsi découvert un enzyme, baptisé néprilysine, qui détruit les plaques. Or, ils se sont aperçus qu'une diminution, même légère, par exemple lors du vieillissement du niveau de cette substance dans l'organisme était à même de favoriser une accumulation des plaques de béta-amyéloïde. Selon les chercheurs, une nouvelle piste de traitement consistant à amplifier l'activité de la néprilysine pourrait offrir une alternative à la communauté médicale. En outre, leurs conclusions suggèrent également qu'il sera sans doute possible un jour d'identifier les personnes à risque en étudiant les variations génétiques sur le gène qui commande la production de néprilysine. La maladie d'Alzheimer, une affection dégénérative identifiée en 1906 est caractérisée par une dégénérescence des neurones (cellules cérébrales). Elle se traduit par une perte progressive de la mémoire, pouvant aller jusqu'à la démence. Selon certaines estimations, environ 22 millions de personnes à travers le monde sont affectées par cette maladie.

La Recherche : http://www.larecherche.fr/actu/ng4da473.html

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Vaccin contre la maladie d'Alzheimer : premiers essais en France en septembre Pour la première fois en France, 120 volontaires sont participer aux essais d'un vaccin contre la maladie d'Alzheimer.A Lille, à Montpellier, Toulouse et Paris, 6 services hospitalo-universitaires de neurologie seront associés à une étude multicentrique internationale. Elle permettra d'en évaluer deux formes différentes, administrées par injection intramusculaire ou par voie nasale. A raison de 20 patients par centre, 120 Français seront ainsi inclus dans cet essai dit " de phase 2 ". Développé par le laboratoire américain Elan allié au groupe Wyeth, le candidat-vaccin est pour l'instant baptisé d'un nom de code, AN-1792. La première phase d'essais, menée sur de jeunes souris génétiquement modifiées, a permis de prévenir l'apparition de plaques amyloïdes. Par ailleurs, des souris plus âgées atteintes par l'affection en ont également tiré bénéfice. Chez ces dernières en effet, le vaccin a limité le développement des plaques, dont le nombre et la taille ont été réduits. Les souris vaccinées ont recouvré une certaine mémoire spatiale, ce qui leur a permis de retrouver la sortie de labyrinthes ou le chemin l'accès à un ponton situé dans un bassin... Il s'agit ainsi de ce qu'il est convenu d'appeler un vaccin-thérapeutique... Dans un premier stade, les essais sur l'homme se feront par injection intramusculaire. Mais une vaccination par inhalation pourrait aussi être envisagée. Elle serait en principe mieux tolérée, permettant une répétition fréquente, voire à vie pour une meilleure protection. Reste à vérifier que le passage de la souris à l'homme se fera bien, avec une bonne tolérance et sans perte d'efficacité.

Impact Médecin : http://fr.news.yahoo.com/010528/81/1axrs.html

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Des antagonistes du glutamate peuvent bloquer la prolifération cancéreuse Des antagonistes des récepteurs au glutamate limitent in vitro la prolifération et la migration de certaines lignées de cellules cancéreuses. Des scientifiques de l' Université de Würzburg, en Allemagne, ont étudié les antagonistes des récepteurs NMDA et AMPA. Leur action a été démontrée pour les cancers du côlon, du sein, du poumon, de la thyroïde et des tumeurs neurales ou de la glie. L'effet anti-prolifératif est dû à la fois à la diminution de la division cellulaire et à l'augmentation de la mort cellulaire. Les chercheurs ont remarqué que l'inhibition de la migration cellulaire, indicateur de la réduction des métastates, a lieu à des concentrations plus basses d'antagonistes que l'effet anti-prolifératif. Or empêcher la migration des cellules et la formation de métastases est la priorité dans la thérapie anticancéreuse. En outre, il s'avère que l'action combinée des antagonistes et des molécules utilisées dans les traitements anticancer comme le cyclophosmamide ou le cisplatine augmente le pouvoir cytostatique (capacité d'inhiber la prolifération) de ces derniers. Les scientifiques vont maintenant s'atteler à effectuer ces mêmes recherches in vivo afin de découvrir les voies de signalisation utilisées par les antagonistes du glutamate.

PNAS : http://www.pnas.org/cgi/content/short/98/11/6372

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Un polymère bactéricide PNAS du  : http://www.pnas.org/cgi/content/abstract/98/11/5981 ?

Une équipe de recherche du Massachusetts Institute of Technology a mis au point un polymère bactéricide capable d'éliminer les bactéries responsables des infections communes. Applicable en couche mince, l' hexyl-PVP élimine la quasi totalité des Staphylococcus, Pseudomonas et E. coli. Chargé électriquement positif de façon permanente, ce polymère détruit les parois cellulaires des bactéries. Après avoir été testé en laboratoire pour les bactéries, ce polymère fait actuellement l'objet d'études de toxicité pour l'animal et l'homme. Une telle couche antiseptique pourrait être appliquée aux jouets, aux téléphones, aux claviers et même aux outils chirurgicaux .

Brève rédigée par @RT Flash

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Le cartilage enfin réparé On a fabriqué du cartilage à partir de cellules de graisse." L'expérience annoncée triomphalement lors du dernier congrès de l'Orthopedic Research Society, à San Francisco (Etats-Unis), ouvre des perspectives thérapeutiques inespérées pour traiter les traumatismes cartilagineux. Une pathologie fréquente chez les sportifs de haut niveau ou plus banalement chez les skieurs du dimanche. Cette découverte permettrait aussi de disposer d'une source de cartilage inépuisable et aisément accessible. Trois donneurs se sont prêtés à l'expérience de l'équipe du Dr Farshid Guilak, du Duke University Medical Center de Durham (Caroline du Nord, Etats-Unis). Celle-ci a prélevé par lipo-aspiration des cellules du tissu adipeux afin de les soumettre à un traitement enzymatique (collagénase) avant de les plonger dans un bain chimique composé d'un cocktail de glucocorticoïdes et de facteurs de croissance. Détail important, les cellules recueillies et cultivées sont des cellules "non différenciées" : un pedigree biologique équivalent à celui des cellules souches localisées d'ordinaire chez l'embryon ou dans la moelle osseuse de l'adulte (lire l'encadré p. 91). Après deux semaines de croissance, ces cellules naturellement programmées pour fabriquer des adipocytes (c'est-à-dire de la graisse) ont donné des chondrocytes, autrement dit des cellules cartilagineuses. "Ce n'est pas la première fois que l'on fabrique des chondrocytes à partir de cellules indifférenciées, explique Anne Coulombel, directrice de recherche à l'Unité 474 Inserm de l'hôpital Cochin (Paris). En mettant en culture des cellules indifférenciées de la moelle osseuse qui donnent d'ordinaire naissance aux cellules sanguines (globules blancs et rouges), on peut obtenir des cellules osseuses (ostéoblastes), graisseuses (adipocytes) et même cartilagineuses (chondroblastes). La destinée des cellules est dirigée vers l'une des ces trois voies grâce au dosage précis des substances de croissance et autres produits nutritifs utilisés." La maîtrise de la "plasticité" des cellules souches est l'un des enjeux majeurs actuels des recherches en biologie cellulaire et de leur application en thérapie cellulaire. "La médecine regénérative qui consiste à greffer non pas un organe mais les cellules souches qui les composent et qui ont pour fonction de fabriquer d'autres cellules est une avancée primordiale mais encore mal maîtrisée", souligne Gérard Dine, de l'Ecole centrale de Paris. De fait, la thérapie cellulaire utilise depuis bientôt quinze ans déjà des cellules souches adultes mais dans des domaines extrêmement restreints. Par exemple, les cellules souches sanguines choisies, en cas de greffe de la moelle osseuse, pour traiter les leucémies et certaines anémies. Ce sont également des cellules souches adultes qui servent dans les greffes de peau des grands brûlés. L'expérience américaine si elle se confirme pourrait donc permettre de greffer un morceau de cartilage obtenu à partir d'une simple ponction dans le gras du patient ! Le Dr Guilak avance même "que ce traitement pourrait devenir opérationnel dans 3 à 5 ans".

Sciences&Avenir : http://www.sciencesetavenir.com/vivre/page90.html

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La cocaïne néfaste dès la première prise L'administration d'une seule dose de cocaïne provoque un effet sur les synapses comparable aux modifications impliquées dans les processus de mémoire et d'apprentissage. Selon les chercheurs à l'origine de cette découverte, cet effet apporte un nouvel éclairage sur les mécanismes premiers de la dépendance."La signification de cette découverte est qu'une seule dose de cocaïne détourne un mécanisme cellulaire impliqué dans un processus normal d'apprentissage et d'adaptation, ce qui peut aider à expliquer la capacité de la cocaïne à prendre contrôle du système de conditionnement et à produire des comportements de recherche de drogue", explique le Dr Antonello Bonci, un des auteurs de cette étude. Ces travaux ont fait l'objet d'une publication dans le numéro de Nature du 31 mai. Dans cet article, Mark Ungless (Université de Californie ) et ses collaborateurs démontrent qu'une prise de cocaïne suffit à induire une potentialisation à long terme (LTP) au niveau des neurones à dopamine. Ce phénomène correspond à une plasticité des synapses, un remodelage cellulaire qui est déterminant pour plusieurs formes de mémoire et l'apprentissage. Ces modifications ont été mises en évidence chez des souris et des rats. Les chercheurs estiment que cette découverte est importante non seulement pour expliquer les premières étapes de l'addiction mais aussi les bases biologiques des rechutes.

Nature du  : http://www.nature.com/nlink/v411/n6837/abs/411583a0_fs.html

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